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Etudes nouvelles suite aux crises
pétrolières :
Si l'âge de
la voile commerciale est à présent révolue, la crise de l'énergie
survenue dans les années 70 n'avait d'autre motivations qu'économiques,
liées au contexte politique et non à l'abondance ou à la rareté de l'or
noir. Plus récemment, l'environnement est venu se greffer à ces
préoccupations, en plus d'un coût d'extraction augmentant régulièrement
et d'une extinction des gisements prévue à long terme. Les deux crises
du pétrole (1973 et 1979) ont en effet eu un effet violent sur
l'économie des pays développés, son impact étant cependant plus
important en Europe qu'aux USA, en partie autosuffisants, et sur le
transport terrestre et l'industrie en général. Dès ce moment, des
recherches d'économies de fuel se firent sentir aussi dans la marine
marchande. Déjà en 1977 le consortium Nippon Jamda Eitohu présentait
son pétrolier converti, le Shinaitoku Maru, équipé de deux voiles rigides, orientables depuis la
passerelle. Le gain d'énergie était estimé d'environ de 30-40% par grand vent, mais
la trainée des voiles restait importante. Escamotées au niveau du mât
central, seuls ces derniers générait une traînée et donc paradoxalement
une légère surconsommation de mazout dans cette configuration. Il fut suivi par le Usuki Pioneer,
mais l'expérience n'était donc pas concluante et ne fut pas renouvelée,
notamment à cause de la chute des cours pétroliers et des hauts coûts
de maintenance, seuls des navires de tourisme isolés en seront pourvu.
Les
voiles rigides prenant le vent de l'arrière avaient quelques avantages
sur celles du passé, hormis l'encombrement non négligeable du pont. En
revanche, d'autres tentatives furent faites sur des voiles cette fois
conçues pour prendre le vent de travers, avec l'effet effet de pression
classique des voiles levantines. Elles arborent une section en forme
d'ailes d'avion et sont plus aérodynamiques, naturellement, que les
voiles standard. Plus récemment, de telles voiles peuvent recevoir des
cellules photovoltaiques assurant un surcroit d'énergie bienvenue. Ce
concept fut testé avec l'Alcyone
(1985) du commandant Cousteau et son système turbosail, mais ce genre
de voile ne pouvait lui aussi que garantir 15% d'économies tout en ne
résolvant pas les problèmes d'encombrement massif de ces mâts,
quoiqu'avec une traînée plus réduite. Des projets de gros-tonnages à
voile ne sont pas éteints comme en témoignent le dernier projet Danois
de Knud
E. Hansen A/S, un pétrolier de 50 000 tonnes équipé de six mâts avec
voiles rigides et environ 25% d'économie de fuel. Les pétroliers, qui
n'ont pas besoin de panneaux de soutes volumineux, sont des bases
idéales pour ce genre d'expérimentation...
Ce genre de projet
(presque) sans landemain n'était pas neuf. En effet, dès 1922,
l'ingénieur Allemand Anton Flettner breveta un système de mâts-voiles
cylindriques à Effet
Magnus, des rotors internes créant un effet de dépression,
censés êtres plus efficace que la propulsion classique. Les
essais commençés en 1924 avec le Bucklau,
renommé en 1926 Baden
Baden, ne furent pas concluants et le brevet resta dans
l'oubli, au moins jusqu'en 2008. l'université de Flensburg à construit
un petit catamaran équipé d'un rotor et la société constructrice
d'éoliennes, Enercon, son E-ship1,
un bâtiment de 130 mètres construit à Kiel en 2008. Projet
prometteur grâce aux technologies mises en oeuvre, le navire a une
configuration permettant un emport de charge optimisé, et est propulsé
par quatre énormes mâts rotors aux angles, avec pour but de baisser de
30% la consommation de ses propulseurs classiques.
Quelques liens :
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Hors prototypes, la voile de manière
pragmatique :
D'autres sociétés n'ont pas
capitalisé sur ces nouvelles technologies pas toujours
convaincantes et
ont préféré se replier sur des solutions technologiques éprouvées, dans
une démarche plus pragmatique. Ainsi est née la CTMV en
2005, qui commença modestemement par livrer du vin français au canada
sur le Bélem,
seul authentique "tall ship" marchand français conservé et figure bien
connue des "voileux". Par la suite, le 18 juillet 2008 à Brest, est
partie la première livraison de vin vers Dublin à bord du vieux Kathleen&May,
qui avait reçu les aménagements de rigueur. Compagnie de navigation
jouant un rôle d'affrêteur, la CTMV a aussi planché sur un projet de
cargo à voile maison, le projet "Sustainable
Ship Design". Long de 48 mètres dans sa version définitive, c'est un
deux-mâts moderne profitant du meilleur de la technologie des
monocoques de compétition, avec une charge utile de 20 000 bouteilles.
La solution ? : Un cerf-volant géant...
Plus
récemment, le 22 janvier 2008, un cargo de taille modeste, le MV
Beluga SkySails, effectuait
son voyage inaugural équipé d'un nouveau concept de propulsion propre :
Le cerf-volant géant. Conçu par la société du même nom, navire et
cerf-volant ont en effet étés conçus ensemble, c'est une véritable
voile tendue à l'avant, haute, de manière à capter les vents les plus
puissants de basse altitude. Loin d'être une plaisanterie, la "voile"
orientée et gérée depuis un ordinateur de la passerelle, est tendue sur
des treuils électriques. L'ensemble est solidement fixé au gaillard
d'avant. En effet, par bon vent la force de traction est énorme et
garantit la prise en charge de 35% et plus de la propulsion du navire.
Navire, qui précisons-le, jauge 10 000 tonnes. Le cerf-volant conçu en
textiles imperméables d'une grande robustesse est "hissé" à 300 mètres,
et mesure 160 m2. La société basée à Brême comptait sur ce premier test
entre brême et Montevideo, qui fut concluant, mais amena les
modifications et corrections voulues en même temps qu'une bonne
publicité, et un second voyage de test avec le MS Michael A. Un
"pilote" de pré-production doit avoir lieu au moment ou ces lignes
s'écrivent (janvier 2009). La société et le projet existent depuis
2002. Nulle doute que cette solution relativement peu coûteuse
permettra à des voiles de taille bien plus conséquentes (les ingénieurs
ont tablé sur 300 m2, puis 600, et on sait que des voiles de cette
conception mesurant plus de 1500 m2 sont envisageables à brêve
échéance... Son efficacité par rapport à des voiles classiques est sans
commune mesure : En effet, le pont est entièrement dégagé pour la
charge utile, et l'altitude opérationelle de la voile lui garantit les
vents portants les plus importants. Le concept n'est pas neuf mais
vient du "kite-surf", un sport nautique bien connu remontant aux années
80, qui associait un cerf-volant de taille réduite à une planche de
surf adaptée; Nulle doute que les technologies modernes permettent de
contourner les limites inhérentes à la voile classique, notamment comme
appoint. L'économie de carburant réalisée est substancielle, de même
que la baisse des rejets de CO2, bien utile par ces temps de
dérèglements climatiques...

crédits
: skysails.
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